Transat Cyladel

la remontée

Vendredi 19 avril. Gilles, Gérard et Christian se retrouvent à l'aéroport de MARIGNANE. Ces deux derniers faisant la connaissance de Gilles, simplement entr'aperçu lors du vin d'honneur offert lors du départ sur les quais de Martigues. Voyage sans histoire via Paris Orly. Vers 19 h 30, Jean Pierre nous accueille à l'aéroport du Lamentin à Fort de France. Le DiamantNous croisons Nadine, épouse de Jean Pierre ainsi qu'une amie qui rentrent en métropole, nous laissant le bateau, non sans nous avoir préparé le repas du soir, merci les filles !
Chacun prend ses repères dans CYLADEL, Gilles et Gérard dans la cabine avant, Christian s'installe dans le carré.

Samedi matin nous partons vers Genipa ou se trouve le supermarché Carrefour pour faire l'approvisionnement. Nous avons hésité pour cela, car il nous avait été dit que faire l'appro à St Martin coté Hollandais serait moins onéreux. Mais à la réflexion nous avons pensé que nous trouverions des produits plus adaptés à nos goûts dans des surfaces de vente françaises plutôt que hollandaises. Bien nous en a pris car plus tard nous allons valider cette analyse.
Au retour, rangement de l'approvisionnement dans les coffres et équipets, puis nous filons à la plage des Salines prendre un bain, le soleil est absent, la météo sur la Martinique étant plutôt à la pluie ces jours-ci.
Le soir , un mojito et un repas au restaurant le Mango Bay, sur la marina, mega ribbs (700 g ! ) pour JP, Gerard et Gilles, moules frites pour Christian.

Dimanche 21 avril.Arc en ciel Nous quittons le marin, vers 10 h, sous un ciel maussade. Direction l'anse d'Arlet, pour un petit amarinage. Nous laissons à bâbord le rocher du diamant, sans éclat sous des averses et un ciel terne. A l'anse d'Arlet nous débarquons pour aller prendre une bière, mais sans inspiration pour prendre un bain.

Lundi 22 avril. Destination Dominica, une ile entre la Martinique et la Guadeloupe, état indépendant mais faisant partie du Commonwealth, donc de langue anglaise. Le capitaine a proposé de remonter l'arc Antillais en faisant escale chaque soir soit au mouillage soit au port. Le vent, de nord est est bon et nous naviguons à la voile, le passage des canaux entre les iles est très venté. Le soleil est enfin là.
CYLADEL est à la gite. Christian et Gilles sont malades et Gilles donne a manger aux poissons. Gérard et Jean Pierre se nourrissent avec une quiche préparée la veille.
A 16 h nous mouillons à Prince Rippert Bay, en haut à l'est de l'ile de Dominica, en face de la ville de Portsmouth. Un agréable mouillage, avec un superbe arc en ciel sur l'ile.Maison du docteur

Mardi 23 avril. Départ 7 h, via les Saintes, visite incontournable. Nous mouillons dans la magnifique baie des Saintes, pas très loin de la maison du docteur, maison dont la terrasse représente la proue d'un navire.
Nous allons à terre, et promenons dans l'agréable petit village côtier, une longue rue, aux maisons colorées, débordant de touristes qui flânent le long des boutiques.
Nous prenons une bière au bar de la marine, face à la baie, magnifique. Retour au bateau, repas et direction Deshaies, en haut de la Guadeloupe.
Gérard met une canne à pêche en service, une touche, on ramène la prise, le poisson lâche en arrachant la moitié du rapala, déception ! Deshaies encore un magnifique mouillage, en bordure de rivage, le village avec son clocher, et les cocotiers, et la haut sur la colline la maison qui, dit on, fut à Coluche.

Mercredi 24 avril. DeshaieslObjectif : l'ile de St Kitts, ou appelée aussi St Christophe, l'ile auquel Christophe Colomb a donné son prénom. 70 nautiques de navigation que nous faisons à la voile. Nous délaissons l'ile d'Antigua plus à l'est.
Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Gilles, nous le lui souhaitons lors du petit déjeuner, Gilles, ému, nous promet un resto au prochain port.
Nous passons au large de l'ile de Montserrat, colonie autonome britanique. Son volcan, La Soufrière de Galway, s'est réveillé en 1995, dévastant une partie de l'ile; des fumerolles s'échappent des failles au flan de la montagne, fumerolles aux odeurs caractéristiques de soufre, que l'on sent même au large, respectant la zone d'exclusion de 2 milles au sud de cette ile.
Mouillage à White House Bay, magnifique mouillage encore, à l'écart du port principal. Nous privilégions ces mouillages afin d'éviter de faire les formalités de Clearance (douanes et immigration) toujours longues et fastidieuses.

Jeudi 25 avril.Thazard mangé Route vers St Martin, beau temps, bon vent, sous voiles comme ces derniers jours.
On met la ligne en traine, une touche, Gérard et Gilles remontent, non sans peine, un Thazard maquereau. Jean Pierre décide de ne pas le garder, craignant une éventuelle toxicité, Gérard le rejette à l'eau. Un peu plus tard une autre touche, là c'est du gros. CYLADEL est stoppé totalement. La lutte est longue, la résistance énorme, au final un nouveau Thazard, très gros, est ramené à bord, mais, surprise ! il est à moitié dévoré. Le poisson qui a croqué dedans devait avoir une très bonne mâchoire. Rétrospectivement Christian se rappelle son bain au milieu de l'atlantique, et là au vu de ce poisson à moitié dévoré, plus personne ne songe à prendre le bain dans ces eaux là !
Nous laissons à tribord l'ile de St Barthélémy, plus connue sous le nom de St Barth, qui accueille les peoples. Nous avons choisi d'aller à Oyster Pond, anse de la cote au vent, et plus précisément dans la marina de Captain Oliver's. L'accès de cette marina est très, très délicat et il faut se fier absolument aux bouées vertes et rouges, un gros moment de stress, de part et d'autres du chenal balisé, les vagues se brisent sur les haut fonds.
Anse orientaleAu moment de manoeuvrer pour accoster, le propulseur bâbord tombe en panne, il en faut plus pour déstabiliser Jean Pierre, et nous réussissons un accostage parfait. Gérard et Gilles s'attèlent à une réparation provisoire.
St Martin est une ile partagée en deux, une partie française et une partie hollandaise.
Sur le quai, problème pour raccorder l'électricité : les fiches sont aux normes US. Jean Pierre cherche désespérément un adaptateur. Sur le ponton quelqu'un va nous en prêter un, moyennant dix dollars. La marina est en territoire hollandais, et nous allons donc faire les formalités.
Le soir Gilles nous invite au restaurant pour fêter son anniversaire, nous allons au restaurant Captain Oliver's. Un bon mojito offert par le capitaine, puis nous offrons à Gilles un tee shirt préalablement acheté en Martinique. Emotion à nouveau.

Vendredi 26 avril.Marigot bay Nous louons une voiture et partons visiter l'ile. Nous remontons la cote nord avec de belles visions sur la baie Orientale ainsi que sur l'anse Marcel, nous redescendons sur la cote sous le vent à Marigot avec ses rues animées et pleines de boutiques et de commerces. Nous filons sur la route de la lagune entre baie de Marigot et Simpson Bay Lagoon. Pour diner nous portons notre choix sur un restaurant de plage, très sélect au demeurant, face à la mer, le repas a été agréable avec, au service, une jeune fille, autochtone, très sympathique.
Ensuite, une curiosité locale, la piste d'atterrissage de l'aéroport démarre quelques centaines de mètres après la plage, et là il faut voir les gros porteurs en phase d'atterrissage passer à quelque 100 m au dessus de la plage, impressionnant !!!
Nous finissons la balade dans la capitale de la partie hollandaise de l'île, Philipsburg, avec ses innombrables boutiques free taxe pour les alcools, parfums etc. Nous terminons notre approvisionnement, notamment en alcools et boissons diverses à des prix très interressants. Retour au bateau.
Le soir, à l'apéro nous recevons les invités de Gérard, des amis, connus sur le port de La Londe, dans le Var où Gérard a son bateau. Un couple avec deux enfants qui ont choisi de venir vivre à St Martin. Après leur départ nous décidons d'aller faire un tour à la Casa Blanca, bar ou l'on peut boire une bière et voir de bien jolies colombiennes à ce qu'on nous a dit. Retour au bateau.

Samedi 27 avril.Virgin Gorda Dernières courses à la supérette du coin, hasard de rencontre, la dame qui tient ce commerce est native de Vauvert dans la Gard et connait bien Sumène dans le Gard, village ou habite Christian et où donc, le mari de cette personne a joué au foot, il y quelque vingtaine d'années. Formalités et départ. Nous mouillons dans l'après-midi à Marigot Bay, mouillage peu confortable avec du roulis.

Dimanche 28 avril. Départ à 4 h du matin pour rejoindre Virgin Gorda, dans les iles vierges britanniques. Beau temps mais pas de vent, navigation au moteur. L'entrée dans l'archipel est assez délicate. St Thomas Bay, La marina Yatch Harbour est très sympathique, carburant, accostage, et là aussi prises US pour l'électricité et c'est dimanche, conséquence il faut faire tourner le groupe électrogène !
Nous sommes appontés en face d'un bar et dès 18 h un orchestre envoie ses chansons et ses morceaux de musique avec force décibels ; cela va durer jusqu'à 21 h 30 ; Nous allons boire un punch.

Lundi 29 avril. AnegadaFormalités, et clearance. Virgin Gorda est une colonie autonome de la couronne britanique, sa monnaie est le US $. Les fonctionnaires préposés aux formalités sont très tatillons, et visiblement un français entré en même temps que nous a quelques problèmes avec ses papiers.
Départ pour Anegada où nous arrivons vers 14 h. Ile très plate d'ou se détachent les cocotiers; l'accès au mouillage est très délicat, car les fonds sont hauts. Jean Pierre avance très lentement et pendant quelques instants la sonde indique zéro sous la quille, et là on ne sait plus ce qu'il y a dessous, moments de stress; prise d'une bouée au coût de 30 US $. Aussitôt amarré Giles plonge sous cyladel pour vérifier la hauteur d'eau sous quille : à priori il y aurait une marge de 50 cm environ.
Le lagon nous offre ses plus belles couleurs d'eaux turquoises faisant des taches suivant le jeu du soleil et des nuages.
Concentration avant le grand départ pour la traversée.

L'équipage

RestaurantLa remontée aura duré 9 jours. Evidemment notre objectif était de remonter jusqu'aux iles vierges avant de se lancer dans la traversée, ne sachant pas trop si on se lancerait vers les Bermudes, ou si on ferait route directe. Nous n'avions pas le temps matériellement de faire du tourisme, c'est à dire de visiter toutes les iles de cet arc Antillais. Pour cela il faudrait des mois et on peut comprendre ces bateaux qui durant des mois et des mois parcourent cet arc Antillais pour en découvrir toutes les beautés, depuis les grenadines jusqu'aux iles vierges.
Durant ces neufs jours on a pu retrouver nos marques et le petit dernier, Gilles, a pu bien s'intégrer avant de passer aux choses sérieuses. Evidemment son intégration a été totale, avec les traditionnels Ti punch et planteurs que Jean Pierre nous a concocté avec passion, mais sans abuser évidemment. L'apéro aux restos étant le maintenant traditionnel mojito. De surcroit, Gilles a décidé de se faire raser la tête, bon d'accord sa petite calvitie et ses cheveux déjà courts ont facilité la tâche de Gérard qui s'y est attelé, avec moultes rasoirs jetables et mousse à raser. Résultat parfait.

Manivelle L'aspect physique très vaguement ressemblant de Gérard et Gilles, même taille, même crâne un peu dégarni, et le fait qu'ils soient fréquemment ensemble, (forcément car tous les deux sont dans la cabine avant!) ont fait que Jean Pierre et Christian les ont baptisés les jumeaux. Ils ont été présentés en tant que tels, partout où nous allions, mais à vrai dire le doute des personnes à qui on les présentait était visible.
Et Jean Pierre va nous surpredre encore une fois ! D'un de ses coffres il sort une manivelle de winches électrique. Une merveille d'assistance à la manoeuvre des winches, sans effort, mais si on n'y prète garde, on risque de ramener le mat ou l'etai de génois dans le cockpit, comme dit Gilles. Cet appareil utilisé lors de la remontée sera vite rangé dans un coffre pendant la traversée, sa consommation électrique étant trop importante et cela nous créait des déficits d'ampères trop importants sur les batteries, un gadget que toutefois nous regrettions lorsqu'il fallait fréquemment manoeuvrer les voiles.

A la vacation du lundi le routeur nous envoie directement à l'assaut de l'océan, ligne directe vers les Açores. Départ demain matin après le petit déjeuner.